Islam et pensée universelle des droits de l’Homme

“Ô vous qui croyez ! Observez la stricte vérité quand vous témoignez devant Allah, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos parents ou vos proches. Que ce témoignage concerne un riche ou un pauvre, Allah porte plus d’intérêts à l’un et à l’autre que vous-mêmes […]“.

La Faculté de Droit de Harvard a inscrit sur ses murs les “mots de la Justice“, une série de citations destinées à traduire l’aspiration permanente et irrépressible de l’être humain à l’équité et la dignité à travers la justice.

Dès l’entrée du bâtiment, on est d’abord confronté à une citation bien nord-africaine, qui ouvre la marche: c’est une citation de Saint-Augustin, le célèbre père de l’Eglise d’origine berbère. En seconde position, et donc par ordre chronologique, un verset coranique.

Le verset coranique figure dans l’entrée même du bâtiment, en seconde position, le verset 135 de la sourate 4, Annissa [Les Femmes]:

“Ô vous qui croyez ! Observez la stricte vérité quand vous témoignez devant Dieu, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos parents ou vos proches. Que ce témoignage concerne un riche ou un pauvre, Dieu porte plus d’intérêts à l’un et à l’autre que vous-mêmes […]“.

En réalité, le témoignage d’une université, aussi prestigieuse soit-elle, n’est pas indispensable pour bien mesurer l’existence, dans le Coran, d’un contenu hautement élevé et précurseur des valeurs universelles d’aujourd’hui.

Le penseur Yadh Ben Achour a consacré à cette idée une partie de ses recherches, ainsi qu’un ouvrage, “La Deuxième Fatiha, l’Islam et la pensée des droits de l’Homme“. Il y souligne un fait qu’il qualifie de capital: “pour survivre dignement dans le monde moderne, [l’Islam] doit se justifier, d’un point de vue universel“.

Il s’interroge : y a-t-il, dans notre patrimoine musulman, des idées, des valeurs, une pensée moralement supérieurs? Oui, répond-il sans hésiter. Nous devons nous approprier cet héritage qui va nous réconcilier avec le monde moderne et la pensée universelle des droits de l’Homme.

Il cite les versets 23 à 37 :

23. Ton Seigneur t’ordonne de n’adorer que Lui, de traiter avec bonté ton père et ta mère. Et si l’un d’eux ou tous les deux atteignent, auprès de toi, un âge avancé, ne leur dis pas: «Fi !» Ne leur manque pas de respect, mais adresse-leur des paroles affectueuses !

24. Et par miséricorde, fais preuve à leur égard d’humilité et adresse à Dieu cette prière : «Seigneur! Sois miséricordieux envers eux comme ils l’ont été envers moi, quand ils m’ont élevé tout petit!»

25. Votre Seigneur est Celui qui connaît le mieux le fond de vos cœurs. Si vous êtes justes, sachez qu’Il pardonne toujours aux repentants sincères.

26. Donne à ton proche ce qui lui est dû, ainsi qu’au pauvre et au voyageur ! Mais évite toute prodigalité,

27. car les prodigues sont frères de Satan et Satan a été très ingrat envers son Seigneur.

28. Et si tu ne peux venir à leur secours, étant toi-même dans l’attente de la miséricorde de ton Seigneur, aie pour eux au moins un mot aimable !

29. Ne tiens pas la main collée à ton cou par avarice, et ne donne pas non plus à pleines mains, si tu ne veux pas être blâmé ni éprouver des regrets !

30. En vérité, ton Seigneur comble qui Il veut de Ses bienfaits ou les donne avec parcimonie. Il connaît si bien les hommes et Il lit parfaitement dans leurs cœurs.

31. Ne tuez pas vos enfants par crainte de la misère. C’est Nous qui leur donnons de quoi vivre ainsi qu’à vous-mêmes, car les tuer est un crime abominable.

32. N’approchez pas la fornication ! Cela est en vérité une turpitude et une voie néfaste.

33. N’attentez pas à la vie de votre semblable, que Dieu a rendue sacrée, à moins d’un motif légitime. Pour quiconque serait injustement tué, Nous donnons à son ayant cause le droit d’exiger réparation. Mais que ce dernier ne commette pas d’excès en voulant venger la victime lui-même, car la loi est là pour l’assister.

34. Ne touchez aux biens de l’orphelin que de la manière la plus conforme à ses intérêts et ce, jusqu’à ce qu’il ait atteint sa majorité. Soyez fidèles à vos engagements, car vous aurez à en rendre compte.

35. Donnez une juste mesure quand vous mesurez, employez une balance exacte quand vous pesez. C’est la meilleure manière d’agir et qui aura pour vous les conséquences les plus heureuses.

36. N’affirme rien dont tu ne sois sûr ! Car il sera demandé compte à l’homme de ce qu’il aura fait de l’ouïe, de la vue et du cœur.

37. Ne marche pas avec faste sur la terre, car jamais tu ne sauras la fendre ni te hausser au niveau des montagnes ».

Il est vrai que ce sont des versets que l’on ne se lasse pas de relire.

Yadh Ben Achour les regroupe sous l’appellation de “Deuxième Fatiha“, il estime que “par la majesté de son inspiration, cette section du Livre sacré a en effet le privilège de guider croyants et non-croyants vers une éthique universellement acceptable, potentiellement inspiratrice d’un droit moderne“.

L’Islam est bien le dépositaire d’une pensée parfaitement compatible avec les droits humains dans leur conception universelle actuelle. Dépositaire et précurseur, faut-il le rappeler…

L’objectif le plus noble qui puisse être poursuivi consiste à nous réconcilier avec la pensée moderne et universelle des droits de l’Homme. Non pas réconcilier l’Islam, car il n’en a pas besoin; mais réconcilier les différentes constructions humaines qui ont succédé à l’Islam, sur les plans juridique ou politique, social ou économique.

Source : medias24.com

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