L’abattage rituel, un atout économique pour la France

La consommation de viande de bœuf s’érode en France depuis la crise de la vache folle et la chute s’accélère encore depuis deux ans, avec un recul des ventes de -2% en 2012 et de -3% en 2013. Les abattoirs n’y résistent pas : en dix ans, une centaine d’entre eux ont fermé leurs portes.

Améliorer les ventes de viande bovine hors de France. C’est l’une des priorités du gouvernement, qui installe ce lundi le premier «comité export» de la filière. Concrètement, les professionnels du secteur et les pouvoirs publics se réunissent pour définir les moyens de mieux travailler ensemble et ainsi davantage aider les entreprises dans leur conquête de nouveaux marchés à l’international.

L’enjeu est capital : la consommation de bœuf s’érode en France depuis la crise de la vache folle et la chute s’accélère encore depuis deux ans, avec un recul des ventes de -2% en 2012 et de -3% en 2013. Les abattoirs n’y résistent pas: en dix ans, une centaine d’entre eux ont fermé leurs portes.

La Turquie, Dubaï et bientôt, la Malaisie

Du coup, «pour maintenir une production dans notre pays, l’export s’impose comme un relai de croissance incontournable», lance Dominique Langlois, président de l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev). Et dans cette perspective, la viande casher mais surtout halal produite en France est une vraie chance.

«A l’origine, les abattoirs français se sont lancés dans l’abattage rituel pour répondre à la demande des pays du Maghreb», rappelle Hervé des Déserts, directeur de la Fédération des industries et du commerce en gros des viandes (FNICGV). «Ces pays sont toujours une priorité, mais pour nous développer, nous devons exporter sur de nouveaux marchés dynamiques, et ce sont bien souvent des pays musulmans.»

Comme la Turquie, Dubaï, l’Arabie Saoudite et bientôt, la Malaisie. Et si l’Indonésie, un marché potentiellement énorme avec ses 245 millions d’habitants «s’ouvre aux exportations, comme nous l’espérons, elle ne commandera que du rituel», poursuit Hervé des Déserts.

Plusieurs pays européens interdisent l’abattage rituel

Si l’abattage rituel représente «seulement» 10% de la production nationale, il pèse déjà pour un tiers des exportations. La viande halal française séduit pour sa qualité –elle respecte la réglementation européenne à la lettre et se montre même parfois plus exigeante. Notre pays a par ailleurs de moins en moins de concurrents en Europe dans la mesure où plusieurs pays interdisent l’abattage rituel. C’est le cas du Danemark depuis le 17 février, mais aussi de la Pologne, du Lichtenstein, de l’Islande, de la Norvège, de la Suède ou encore de la Suisse.

Rappelons que pour défendre le bien-être animal, Bruxelles préconise que les bêtes soient étourdies avant d’être égorgées, ce qui est contraire aux rites juif et musulman. L’Europe permet toutefois une exception à titre religieux. Si pour l’heure, la France ne semble pas vouloir interdire l’abattage rituel, elle a durci les conditions: depuis 2012, cet abattage ne peut se pratiquer qu’à partir d’une commande de viande casher ou halal, et plus de façon automatique.

Rappelons que l’abattage rituel avait fait l’objet d’une vaste polémique lors de l’élection présidentielle de 2012. La candidate du FN Marine Le Pen avait alors affirmé que l’ensemble de la viande vendue en Ile-de-France était halal.

Source : 20minutes.fr

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