Pour une France arc-en-ciel

France_arc_en_cielAvec les excès de zèle de certains responsables, dont des fonctionnaires de l’Etat, les dégâts de l’application stricte et aveugle du principe de laïcité peuvent dépasser largement le cadre défini par la loi. Et la confusion devient alors totale et entre foulard et burqa, entre public et privé, entre élève et parent d’élève… Ainsi, apprend-t-on qu’au mois de novembre dernier, une mère d’élève de maternelle a été interdite de participation au repas de Noël dans une école de l’Oise au prétexte simple, mais loin d’être ni sérieux ni solide, qu’elle portait un foulard.

Elle fait alors appel au « Comité 15 mars et Liberté » et lance une pétition face à cette « laïcité qui ne s’attaque qu’aux musulmans et porte atteinte non seulement aux mamans concernées, mais aussi à leurs enfants, qui voient ainsi leurs mamans discriminées et exclues ». Cette pétition a peu de succès et enclenche même une seconde pour soutenir la position de la directrice de l’école. 

« On se retrouve désormais entre un affrontement de deux groupes de parents d’élèves, concède le maire de Méru qui anticipe l’avenir avec cette querelle : « Ce que l’on voit aujourd’hui à Méru, c’est la France de demain. Et qui ne fera que grossir ceux qui stigmatisent l’islamisation en France ».
La directrice a trouvé la solution : le goûter de Noël aura bien lieu, « mais sans bénévoles (avec sous sans foulard : NDLR), avec uniquement les enfants et les enseignants ».

Trois éléments doivent nous interpeller dans cette histoire plus que regrettable. D’abord la participation de cette maman s’inscrivait en dehors du temps scolaire, temps pendant lequel en principe, et jusqu’à preuve du contraire, chacun est libre de porter la tenue qu’il souhaite et aucune loi ne pourra rien y changer.

Deuxièmement, il semble indécent d’évoquer le principe de laïcité en parlant d’un repas de Noël, et dans l’école de la République laïque, même si ça a lieu en novembre. Car même si Noël est devenu une fête « presque nationale » célébrée par les croyants comme par les non-croyants, elle n’en demeure pas moins une fête chrétienne que nos concitoyens croyants vivent avec une autre intensité qui dépasse de loin son côté festif.

Enfin, la maman musulmane qui voulait offrir son aide et son savoir-faire lors de ce repas, le faisait certainement pour  les enfants, qui ne devaient aucunement être mêlés à des querelles d’adultes. Elle le faisait aussi dans l’esprit du « vivre-ensemble », en montrant qu’un musulman peut bien s’investir dans une fête qui ne le concerne pas religieusement parlant, pour le bien de la communauté nationale censée profiter de cette richesse d’identités et de cultures différentes, mais composant la France arc-en-ciel dont ceux qui voient un danger en un simple fichu sur la tête ne veulent pas admettre l’existence.

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