Quand musulmans et chrétiens cultivent le dialogue

Le 14 juin dernier, un car a emmené une quarantaine de personnes de Laval à Nantes pour visiter des mosquées. À bord, des musulmans et des catholiques. « L’idée venait de nos frères chrétiens… C’était une sortie pour voir l’architecture des mosquées. Nous avons visité une mosquée turque, plutôt de style ottoman, une autre mosquée et le centre culturel islamique qui est nouveau et grand. »

Maurice Carré, prêtre de la paroisse Saint-Jean, est délégué au dialogue avec la communauté musulmane. Une amitié « naturelle » pour Abdelkader Benhamou et Ahmed Dibi, personnalités du culte musulman.

Le 14 juin dernier, un car a emmené une quarantaine de personnes de Laval à Nantes pour visiter des mosquées. À bord, des musulmans et des catholiques. « L’idée venait de nos frères chrétiens, salue Abdelkader Benhamou, aumônier musulman à la prison de Laval et secrétaire du conseil régional du culte musulman. C’était une sortie pour voir l’architecture des mosquées. Nous avons visité une mosquée turque, plutôt de style ottoman, une autre mosquée et le centre culturel islamique qui est nouveau et grand. »

« Et on a partagé un repas offert par le président du Conseil régional du culte musulman »,remercie le père Maurice Carré. « C’est une expérience que l’on va sûrement renouveler. Le résultat est très, très positif », conclut Ahmed Dibi, vice-président du conseil régional du culte musulman.

« L’amour du prochain »

Sans calendrier précis, mais régulièrement, ces trois sages se rencontrent pour imaginer des occasions de croiser les croyants. Un dialogue interreligieux, encouragé par « le concile Vatican II », rappelle Maurice Carré, qui a associé à cette initiative « cinq ou six chrétiens lavallois qui ont des liens avec le monde de l’islam ». L’idée : favoriser les échanges pour améliorer la connaissance mutuelle. « Dans les devoirs et obligations de chaque musulman, il y a l’amour du prochain. C’est dans les textes », souligne Abdelkader Benhamou.

« Bêtise humaine »

« Nous, on ne se pose pas la question du dialogue, balaie Ahmed Dibi, lavallois depuis 35 ans.On a vécu avec nos voisins chrétiens et ça s’est passé naturellement. » Il raconte le temps où il n’y avait pas de mosquée à Laval et où les musulmans utilisaient une salle de la paroisse Sainte-Thérèse.

Un temps révolu ? Des paroles de sages éloignées du contexte actuel ? Maurice Carré, qui a été prêtre dans le quartier Saint-Nicolas dit qu’il a senti un changement « en 1992, au moment de la première guerre du Golfe. Il y avait beaucoup de tensions entre les gens avec ce que la peur peut amener comme fantasmes… » « Tout le monde peut lire le Coran mais tout le monde ne comprend pas le Coran », constate de son côté Abdelkader Benhamou.

Ahmed Dibi pointe aussi les médias, le contexte et les amalgames faciles. Il plaisante : « Quand un chat tombe du balcon d’un musulman, on dit que le musulman jette les chats par la fenêtre ! » Il constate aussi « depuis que la bêtise humaine a commencé (par bêtise j’entends les guerres), ça favorise les extrémismes de tous côtés ».

Tous s’accordent aussi sur la notion de « vide spirituel » dans la société actuelle qui a laissé le champ libre aux discours durs, favorisant le repli des communautés et la peur. « J’étais hier soir (mercredi, NDLR) avec une équipe de chrétiens pour une rencontre qui portait sur l’islam,raconte le père Maurice Carré. Ils étaient pour certains dans un versant de la peur et de l’amalgame. J’ai pris toute la soirée pour dire non, ce n’est pas comme ça. La grande majorité des musulmans vit sa foi paisiblement, en paix. »

Les trois amis envisagent une nouvelle rencontre de croyants, autour d’un repas. « Il faut parler, se rencontrer, appuie Abdelkader Benhamou. Quand on se connaît, quand on communique, on s’ouvre. »

Source : Ouest France

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